12 décembre 2017

Sartre et Wöhrle en Lituanie



En l’an 2000, le premier numéro des Cahiers Lituaniens avait publié un témoignage exceptionnel sur l’étonnant voyage de Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir en Lituanie en 1965, séjour immortalisé par la célèbre photographie réalisée par Antanas Sutkus montrant Sartre gravissant la dune de Nida. Le témoin, Mykolas Sluckis, qui était le principal accompagnateur des deux personnalités françaises, avait été missionné pour cette tâche par l’Union des écrivains de la Lituanie soviétique dont il était un membre actif. La revue revient cette année sur ce séjour avec deux articles, l’un resituant ce séjour dans le contexte général des voyages de Sartre en URSS, l’autre centré sur la signification de ce séjour pour les Lituaniens. Nous les devons à deux éminents universitaires qui ont accepté de nous faire part de leurs travaux à ce sujet : Cécile Vaissié, professeure en études russes et soviétiques à l'Université Rennes 2, et Solveiga Daugirdaitė, chercheuse à l’Institut de littérature et traditions de Lituanie.
Le second sujet est lié à la date du 16 février 1918, jour de la Déclaration d’indépendance de la Lituanie, dont le pays va commémorer le centenaire l’an prochain. Qui sait en France qu’un écrivain originaire d’Alsace joua un rôle à la fois important et rocambolesque dans la diffusion de cet acte dans le monde ? Cet épisode historique ne fut pourtant pas fortuit, l’homme, Oskar Wöhrle – qui a séjourné pendant trois ans à Vilnius où il fréquenta les milieux intellectuels et politiques lituaniens – ayant par ailleurs apporté une contribution significative à la découverte de la culture lituanienne en Allemagne.
Avec l’écrivain Jonas Biliūnas, nous découvrons le bref récit d’un voyage du tsar Alexandre III à la fin du XIXe siècle, une fresque de mœurs peut-être pas si lointaine de nous, au vu d’événements qui se passent aujourd’hui.
Ce numéro s’achève avec l’histoire du buste du naturaliste L.H. Bojanus, qui fit un étonnant voyage de Vilnius à Bouxwiller, et avec un épilogue à celle du bison de Białowieża, abordé dans le numéro 14 (2015) des Cahiers Lituaniens.
Un spécimen de la revue est adressé gracieusement à toute personne intéressée. Contact :
edel@alsacemonde.org


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29 novembre 2017

La thèse de Vera Bakšytė retrouvée dans le fonds ancien de la BNU


À l’occasion du soixantième anniversaire du Traité de Rome (1957-2017), la Revue de la BNU, éditée par la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg (deuxième bibliothèque de France, première de l’enseignement supérieur), a consacré le numéro de cet automne à vingt-sept publications ou documents de son fonds relatifs chacun à un aspect de l’histoire d’un des pays membres de l’Union européenne. Pour la contribution lituanienne, le choix s’est porté sur la thèse de doctorat de Vera Bakšytė que Philippe Edel a retrouvée dans le fonds ancien de la BNU et qu'il présente dans la revue. La thèse avait été soutenue à l'université de Königsberg et imprimée en 1930 à Klaipėda. Elle est consacrée à l’histoire de la lutte pour la langue scolaire en Lituanie à l’époque tsariste. On notera que Vera Bakšytė est la mère d’Ugnė Karvelis et est enterrée à Strasbourg.

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31 octobre 2017

Oscar Milosz : L’intouchable solitude d’un étranger



Dans son recueil d'essais Une Rencontre, Milan Kundera a souligné la place singulière de Milosz dans la littérature française, revendiquant pour lui l'intouchable solitude d'un étranger. L’étrangeté, voilà qui caractérise peut-être toute littérature authentique. Oscar Vladislas de Lubicz-Milosz (1877-1939), poète de langue française, n’a cessé de paraître étranger à ce monde, de par le rythme de sa langue, de par ses sujets de prédilection, comme par ses origines ou son métier de diplomate au service de la Lituanie. Resté étranger en France, bien que de nationalité française depuis 1931, il l’est demeuré après sa mort. Sa destinée littéraire est à l’image de ce qu’en a dit André Blanchet : « Un  des poètes les plus vrais, un des plus hauts de notre langue et de toute langue. L’un des plus exigeants, l’un des plus complètement ratés. Mais raté comme Nerval et Baudelaire, comme Rimbaud et Verlaine. Comme Van Gogh ». C’est afin de contribuer à mieux comprendre la portée de cette œuvre et le sens qu’elle peut prendre pour nous aujourd’hui, que se tient ce colloque, organisé par l’Association des Amis de Milosz, avec la Bibliothèque Nationale  de  France,  la  Société  Historique  et  Littéraire  Polonaise, l’Observatoire de la Vie littéraire (Labex OBVIL), la  Bibliothèque  Littéraire  Jacques  Doucet  et  le  Centre de  Recherche  en  Littérature  Comparée  de l’Université Paris-Sorbonne.
Le colloque se tient les 15 et 16 novembre 2017 à la Bibliothèque Polonaise, puis à la Bibliothèque de l’Arsenal (BNF). Le programme complet est à décharger sur le site des Amis de Milosz : http://www.amisdemilosz.com/wp-content/uploads/2017/10/presentation-COLLOQUE-MILOSZ.pdf
L’entrée est gratuite mais avec inscription préalable auprès de l’association des Amis de Milosz, par courriel : info@amisdemilosz.com


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