04 juillet 2017

Un Rupintojelis à la mémoire du père Petrošius



La Communauté lituanienne en France projette de faire réaliser une plaque commémorative en l’honneur du père Petrošius, qui fut responsable de la Mission catholique lituanienne en France pendant près de 50 ans, après avoir été ordonné prêtre à Strasbourg au début des années 1950. Ayant marqué fortement plusieurs générations de Lituaniens en exil en France, ceux-ci souhaitent marquer leur reconnaissance avec cette œuvre  qui sera dévoilée en novembre prochain dans la chapelle souterraine de l’église Saint-Augustin, où il a longtemps exercé son ministère.
La plaque sera réalisée par le céramiste Gediminas Šibonis et représentera une figure religieuse traditionnelle en Lituanie : le Rūpintojėlis, ou Christ de pitié (photo du projet). Symbole de souffrance, celle en l’occurrence des exilés, elle représente aussi la résurrection à venir, donc l’espérance.
Toute contribution au financement du projet est la bienvenue : prlbvaldyba@lietuviai.fr

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29 juin 2017

Un cours de Georg Forster à Vilnius retrouvé à Paris



L’original du cours inaugural Limitis Historiae naturalis,  prononcé par Georg Forster (1754-1794) le 2 février 1785 à l’École Centrale à Vilnius, vient d’être retrouvé à la Bibliothèque Centrale du Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN) à Paris. 

Georg Forster est le grand voyageur-naturaliste et compagnon du capitaine James Cook (1728-1779). Il fut engagé, en 1784, en qualité de professeur d’histoire naturelle à Vilnius afin de remplacer Jean-Emmanuel Gilibert (1741-1814). Le 2 février 1785, ce savant professa le cours inaugural qui est bien connu, car publié dès le XIXe siècle. Le professeur Zygmunt Fedorowicz fit une analyse de ce cours en soulignant le fait qu’il s’agissait d’un important texte pour l’évolutionnisme pré-darwinien et un exposé de la philosophie des sciences naturelles. Cependant, Fedorowicz et les autres historiens contemporains connaissaient ce texte que par son édition du XIXe siècle. Forster père et G. Forster, en grave conflit avec l’amirauté britannique, vendirent leurs herbiers et les résultats de leurs recherches ainsi qu’une partie de leurs manuscrits au Cabinet du Roi de France. Georg Forster prit part ensuite à la Révolution française et défendit notamment l’annexion de Mayence par la France. Il mourût pauvre et isolé à Paris et évita probablement ainsi la terreur jacobine. 

La Bibliothèque Centrale du MNHN sauvegarde un important fond de documents de Georg Forster. Les cours de minéralogie et de zoologie de Vilnius se trouvent parmi ces documents. C’est un monument unique de l’histoire des sciences naturelles en Lituanie. Le manuscrit du cours inaugural Limitis Historiae naturalis est également conservé au MNHN. Ce patrimoine est relativement peu connu aux historiens des sciences, tant en France qu’en Lituanie.   


Pour en savoir plus, contacter Piotr Daszkiewicz : piotrdas@mnhn.fr

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20 avril 2017

Vient de paraître : Prisonnière de l'île glacée de Trofimovsk



Enfouie sous la terre pendant quarante ans, la vérité sur les structures de répression de l'URSS a beaucoup de mal à émerger, surtout à l’Ouest. Cette vérité, c'est notamment le récit authentique de la déportée Dalia Grinkevičiūtė (1927-1987), arrêtée la nuit du 14 juin 1941, à l'âge de 14 ans, avec son frère et sa mère. Dalia fera partie des 14 600 Lituaniens qui, sur ordre de Staline, furent brutalement arrachés à leur foyer par les agents de la Tchéka. Emmenés de force dans des wagons à bestiaux, puis par bateau sur l'île gelée de Trofimovsk, au-delà du cercle polaire, ils durent y accomplir des travaux titanesques. Sans vêtements adaptés, sans nourriture ni abris chauffés, ces malheureux étaient voués à une mort certaine. Les mémoires de Dalia, d'une grande qualité littéraire et rédigés après son évasion avec sa mère en 1949, nous exhortent au souvenir des déportés de toutes nations que le régime stalinien a condamnés sans pitié à une fin solitaire, déshumanisée, tous ces morts dont les traces des tombes ont été effacées par les glaces et les vents de l'ex-Union soviétique. Traduit en plusieurs langues, ce texte fait désormais partie des œuvres classiques de la littérature des camps. Les dessins de Gintautas Martynaitis, rescapé qui s'était lui-même retrouvé dans l'enfer de Trofimovsk à l'âge de 6 ans, illustrent admirablement ce récit.
Notons que la traduction en français de l’ouvrage a été réalisée par Juratė Terleckaitė, membre cofondatrice de l’association Alsace-Lituanie.
Dalia Grinkevičiūtė, « Prisonnière de l'île glacée de Trofimovsk », Editions du Rocher, 2017, 336 pages, 21,90€

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